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La pelle ronde du projectionniste
| Intéressant texte de Jozef Siroka sur Cyberpresse, intitulé Le dogme du grand écran. Intéressant texte qui vient me chercher.
Je m'en confesse, je suis un fan du cinéma.
Fan du cinéma, mais dans sa plus pure expression: celle du cinéphile liliputien, qui s'installe confortablement dans un fauteuil, devant un écran Gulliveresque, abandonnant le piton pause au gars-dans-la-petite-lucarne-à-l'arrière, devant gérer sa vessie pour "toffer", les quelque deux heures du film.
Fan du grand écran, idéalement assis dans la dernière rangée de la première moitié de la salle (vous savez, juste devant les barres de fer? La première rangée devant le "passage central"... Assis à cet endroit parce que c'est assez loin pour avoir une belle vue de l'ensemble de l'action, mais assez prêt, en même temps, pour que cette action, justement, me soit "garochée par la face" et que je n'aie pas l'impression, si assis trop loin, de regarder un film chez moi...
Fan du cinéma pour le côté privilégié qu'il apporte... voir le film avant tout le monde, dans son moyen de diffusion le plus grandiose... Je me souviens d'avoir vu la première représentation (vendredi à 19h00) du Truman Show... ne sachant rien du film, mais alors là RIEN (à part qu'il s'agissait du nouveau Jim Carrey). Imaginez un cinéphile qui découvre le pot-aux-roses, à mesure que le film avance, et non en s'étant fait vendre tous les tenants et aboutissants dans les médias ou sur internet...
Fan du cinéma en salles, mais le passage suivant du texte de Siroka me rejoint énormément:
"En ce qui me concerne, je ne m’y aventure que très rarement, trop frustré par le fait que la qualité de mon expérience dépende du comportement des autres. Quelqu’un qui décide de manger comme un cochon, de s’amuser avec ses sacs en plastique ou de répondre au téléphone me sort instantanément du film."
Et vlan. Là où ça fait mal.
Fan de cinéma, mais il est impossible de gérer les autres.
Est-ce si difficile à comprendre que lorsque vous donnez un coup de pied dans le banc d'en-avant, ça secoue les deux tiers de la rangée où je suis assis? Que ça ne donne rien de lire à haute voix tous les textes écrits à l'écran? ("Londres, 1918." "Dix ans plus tard"...) Est-ce si difficile de ne pas parler à votre chum pendant deux heures (ou à tout le moins chuchoter...)
J'veux pas faire mon radoteux qui trouvait l'temps mieux dans l'temps des six clubs... mais il me semble que c'est pire que c'était, non? C'est moi ou on n'accorde plus à la salle de cinéma son aura de sacré? que quand les bande-annonces se terminent, il n'y a plus le même respect du projectionniste?
Vive le cinéma-maison.
Malgré tout, il m'arrive parfois (une fois sur 20, mettons?) de vivre une belle expérience. Comme la fois de La dame de l'eau... film TELLEMENT imbécile que le générique a donné lieu à une étrange complicité entre les spectateurs... tout le monde se regardant, yeux écarquillés. Comme la fois de Apparences, où l'assistance au grand complet était véhicule de sursauts incroyables, beaucoup plus que le film lui-même.
Mais le coefficient de plaisir est nettement inférieur au minimum acceptable. | Date: 2008-12-01 09:10
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